L’économie de la commune de Malanville repose essentiellement sur les secteurs primaire et tertiaire dont l’importance aux plans local, national et même régional ne cesse de s’affirmer.

L’économie communale est essentiellement basée sur le secteur rural. Les principales activités menées sont : l’agriculture, l’élevage, la pêche et l’exploitation forestière. La culture du coton adoptée voici quelques années connaît depuis 1999 un développement continu. 60% de la population s’occupe de ce secteur d’activité.

l’agriculture


L’agriculture est la principale source de revenu de la commune. Elle est caractérisée par de petites exploitations à ressources limitées. Même si la maîtrise des techniques culturales reste approximative au niveau des producteurs, il est à noter un profond changement de comportement des paysans (utilisation des variétés améliorées, meilleure appréciation de l’importance de la fumure et forte adoption de la fertilisation dans le système de production, amélioration du travail de la terre, utilisation de petits équipements etc… Les principales cultures pratiquées sont les cultures vivrières (sorgho, petit mil, riz, maïs, niébé), les cultures maraîchères (oignon, tomate, pomme de terre, piment, gombo) et les cultures de rente (coton, arachide, oignon). L’agriculture est de type extensif.

L’agriculture occupe l’homme et la femme dans la commune de Malanville. Les actifs agricoles sont estimés à 39.824 personnes dont 22.978 hommes et 16.846 femmes constituent la cheville ouvrière de la production agricole. Les hommes interviennent au niveau de toutes les spéculations agricoles et dans toutes les opérations culturales. Les femmes interviennent aux côtés des hommes pour les opérations de semis, de démariage et de récolte. En outre elles interviennent dans leur propre champ (arachide, coton, maïs, sorgho, niébé, etc…) pour toutes les différentes opérations culturales sauf le traitement phytosanitaire du cotonnier et le défrichement demandé aux hommes. Le tableau suivant présente les contraintes majeures liées à l’agriculture dans la commune de Malanville.

L’élevage


L’élevage occupe une place de choix parmi les activités économiques communales. Les espèces élevées sont essentiellement les bovins, les petits ruminants et la volaille. L’élevage des ovins, caprins et porcins ont connu une augmentation sensible. L’élevage constitue la première activité économique des ménages peuhls et la seconde pour les autres ménages. Il est de type traditionnel, il s’agit d’un élevage extensif à l’image de l’agriculture. L’élevage reste le principal moteur de l’agriculture dans la commune de Malanville. Le nombre de bœufs de trait est passé de 5.129 paires en 1998 à 6568 paires en 2003. Les arrondissements de Guéné et de Toumboutou constituent les parcs à bétail de la commune de Malanville. Les marchés à bétail de Malanville et de Guéné sont parmi les plus florissants du département et même de tout le Bénin.

Les principales contraintes liées à l’élevage sont :

Exiguïté de l’espace pâturable du fait d’un mode d’élevage extensif face à des ressources naturelles de plus en plus décadentes, de la grande proportion de forêt classée et de zone cynégétique. Une autre contrainte pour l’élevage est l’agriculture extensive itinérante sur brûlis et le non-respect par les agriculteurs des couloirs de passage. La pratique généralisée des feux de brousse tardifs occasionne d’importantes pertes fourragères. Ainsi, en saison sèche les animaux sont contraints à de longs déplacements en quête de pâturage et d’eau. Par ailleurs, la réticence des éleveurs à faire vacciner et à faire traiter leurs animaux contribue à la recrudescence de plusieurs maladies dont les plus couramment rencontrées sont :

o La péri pneumonie contagieuse bovine (PPCB)

o La pasteurellose bovine

o La peste des petits ruminants (PPR)

o La pseudo peste aviaire (PPA)

o Le charbon symptomatique

o La trypanosomiase

o Les parasites gastro-intestinaux

En outre, le non-respect des couloirs de passage des animaux et des zones de pâturage par les agriculteurs et les éleveurs est à la base de conflits réguliers entre ces derniers. La plupart des contraintes majeures identifiées dans le domaine de l’élevage se retrouvent dans les cinq arrondissements à des degrés divers sauf la pression pastorale sur le parc w rencontré seulement dans les arrondissements de Guéné et de Toumboutou. En milieu peuhl, l’élevage des bovins, ovins, et caprins est pratiqué à la fois par les hommes et par les femmes. Les femmes interviennent surtout dans les opérations de nettoyage de l’étable de traite et de commercialisation du lait. Les hommes sont chargés de conduire les bêtes au pâturage. Chez les autres groupes socio - professionnels, les bovins élevés sont essentiellement les animaux de trait. Ils sont gardés par les hommes. Leur conduite au pâturage est surtout confiée aux enfants de 5 à 12 ans. Les petits ruminants sont élevés pour faire face aux dépenses courantes notamment aux

cérémonies (tabaski, baptême etc …). L’élevage de la volaille est souvent pratiqué dans la plupart des ménages et est généralement sous le contrôle des femmes.

Exploitation forestière


La forêt classée de Goungoun et le parc national w occupent plus du tiers de la superficie de la commune de Malanville et malheureusement ses ressources touristiques ne sont pas exploitées faute d’aménagement adéquat. De par son étendue, la forêt classée de Goungoun occupe le 3ème rang sur les 16 forêts domaniales que comptent les départements du Borgou et de l’Alibori. Elle couvre une superficie de 72.200 ha.

Rôle de l’homme et de la femme dans l’exploitation forestière :

Les défrichements pour l’installation des cultures, la transhumance, les feux de brousse, la chasse, la coupe du bois d’œuvre et des bois de service pour la fabrication du meuble etc. … sont autant d’activités pratiquées en exclusivité par les hommes. Les plantations d’essences fruitières et forestières et leur exploitation sont aussi le fait de l’homme. La femme n’intervient que dans la recherche de bois morts pour la cuisine, les cueillettes de karité, de néré ou de baobab (feuille pour la sauce et fruit pour commercialisation). L’exploitation du bois de chauffe par les hommes est très développée dans l’arrondissement de Guéné. Les produits transportés en camions, à dos d’ânes ou à l’aide de charrettes sont essentiellement commercialisés à Malanville par des femmes revendeuses. Cette exploitation est essentiellement faite par les ressortissants des pays limitrophes (Niger, Nigeria). La coupe du bois vert est pratiquée et contribue à la destruction du couvert végétal.

Les activités de pêche et de chasse


La pêche est très développée dans la commune de Malanville. Il s’agit de la pêche continentale sur les plans d’eau comme le fleuve Niger, les rivières Alibori, Sota, étangs naturels ou artificiels etc …). Cette activité est surtout pratiquée dans les arrondissements de Toumboutou, Malanville, de garou et de Madécali. Elle est très peu développée dans l’arrondissement de Guéné en raison de la rareté des plans d’eau dans cette localité. La pêche est essentiellement pratiquée par les hommes. Les femmes jouent un rôle très actif dans le fumage et la commercialisation du poisson. Les communautés de pêcheurs venus du Mono sont très active dans la pêche. Elles ont transporté leur savoir- faire et leur culture (adoration du zangbéto et autres).

Plusieurs facteurs limitent le développement de l’arrondissement. Ces facteurs peuvent être considérés comme des échecs ou des obstacles pour l’arrondissement.

Echecs de l’arrondissement


Malgré les efforts consentis par l’Etat, les PTF, les ONG, l’administration communale et les populations, l’arrondissement de Guéné est confronté à des difficultés auxquelles il faut agir pour améliorer les conditions de vie des populations. les difficultés rencontrées souvent sont énumérées comme suit :

o l’insuffisance d’infrastructures et d’équipements scolaires dans certaines écoles

o la quasi absence de cantine scolaire dans la plupart des écoles et au CEG (97 abandon au CEG pour cause d’alimentation au cours de l’année scolaire 2008-2009)

o Inexistence d’un centre d’accueil pour les élèves ruraux (100 élèves ruraux)

o Inexistence de bibliothèque

o le faible taux de scolarisation (18,5%) surtout des filles

o la faible offre de services de qualité (01 infirmier pour 30 000 habitants)

o l’éloignement des points de vente des pièces de rechange des points d’eau (Kandi)

o Insuffisance d’ouvrages d’eau dans l’arrondissement

o une absence d’infrastructures et équipements de loisirs et sports

o un manque de leadership féminin

o un faible niveau d’instruction des femmes

o l’absence de femme élue dans le conseil d’Arrondissement

Obstacles de l’arrondissement

Plusieurs obstacles entravent le développement de l’arrondissement de Guéné. Nous pouvons noter :

o Insuffisance d’enseignants qualifiés dans les EPP et EM (01 enseignant pour 80 écoliers) et au CEG

o l’absence de centre de formation professionnelle dans l’arrondissement

o Absence de logements pour le personnel de santé de Goungoun et Banitè

o un manque d’électricité au CSA

o une absence de pré-électrification rurale

o une absence du Plan Foncier Rural (PFR)

o L’éloignement de certains villages de l’arrondissement du chef-lieu de la commune (50 Km)

o Difficultés d’accès à Mokolé, Isséné, Tondi banda et Soumbé Gorou

o Non fonctionnalité des ASF de Goungoun et Koaratédji

o Déforestation prononcée

o l’inexistence de la dynamique associative chez les femmes

o une multiplication des braquages à travers les axes

Enoncé de la problématique

En dehors de l’état de dégradation des pistes qui limitent la fréquentation des formations sanitaires par les populations, il faut ajouter l’insuffisance du personnel, d’équipements adéquats et l’absence de médicaments essentiels pour les soins. Dans le domaine de l’éducation, l’insuffisance d’infrastructures et d’équipements, les longues distances parcourues par les écoliers des hameaux contribuent en parti à la baisse de rendement et à la déperdition de ces écoliers.

Au plan environnemental, les atouts existent et se résument à la zone cynégétique de la Djona, la forêt classée de Goungoun etc. Cependant, il convient de sensibiliser les populations sur la nécessité de pratique des feux précoces, des pare-feu ou feux de renvoie.

Situation Éducative

La plupart des villages administratifs sont dotés d’école. Les problèmes éducatifs se posent en terme de : insuffisance de salles de classe et de mobiliers ; salles de classe en matériaux précaires; absence de cantine scolaire; absence de logement pour le personnel enseignant. Cette situation conduit à une forte déperdition scolaire.

Par ailleurs, l’absence de logements pour le personnel enseignant conduit parfois à des retards au poste. Les distances importantes parcourues des localités annexes vers les écoles épuisent les écoliers et réduisent leur rendement à la fin de l’année.

Pendant la saison pluvieuse, les écoliers des localités annexes ne disposant pas d’écoles, n’arrivent pas à se rendre facilement en classe du fait de l’impraticabilité des pistes et de leur inondation.

Problématique vécue :


A l’insuffisance d’infrastructures et d’équipements, il faut compléter le retard des enseignants lié à leur résidence au centre de l’arrondissement et la baisse de rendement des écoliers due à leur épuisement par les longues distances parcourues.

La problématique de développement fait ressortir les forces et faiblesses de l’arrondissement.

Succès de l’arrondissement


Avec l’appui de l’Etat, les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) et la dynamique de la population, l’arrondissement de Guéné peut compter à son actif des succès sur plusieurs domaines à savoir :

o la participation de la population à la construction des ouvrages socio communautaires (école, centre de santé, dispensaire isolé, approvisionnement en eau potable)

o Organisation régulière des cours de vacance, des cours de renforcement aux élèves du CEG de Guéné payés par la diaspora

o Souscription, cotisation APE au niveau du CEG

o la réalisation d’un inventaire du patrimoine touristique réalisé

o la présence de relais communautaires d’assainissement dans les villages

o l’implication des femmes aux actions de développement

o présence de poste avancé de la gendarmerie

o le règlement à l’amiable des conflits entre agriculteurs et éleveurs

o la formation et installation des brigades civiles

Potentialités de l’arrondissement

L’arrondissement de Guéné dispose de potentialités qui dorment et sur lesquelles il peut compter pour amorcer son développement. Au nombre de ces potentialités, nous pouvons noter :

o L’existence des associations des mères d’élèves (AME) dans toutes les écoles

o l’existence du centre de santé d’arrondissement et de deux dispensaires isolés à Goungoun et à Banitè

o l’existence des ONG d’intermédiation sociale (SIAN’SON, APEM, etc….)

o la présence des artisans réparateurs

o l’existence d’institution de crédit agricole (CLCAM, ASF etc)

o l’existence d’agents d’encadrement de l’agriculture d’élevage et de la pêche

o la présence d’éleveurs avec de grands cheptels (bovins, ovins, caprins et volailles)

o l’existence des organisations professionnelles des éleveurs et des producteurs

o l’existence d’une retenue d’eau à Guéné centre

o l’existence de marchés

o l’existence de carrières

o l’existence d’agent des eaux et forêt

o la présence de forêt classée à Goungoun, Guéné et de la zone tampon

o l’existence de 02 parcs de vaccination (Fèrè Bangou et Boiffo)

Situation Sanitaire

On note une faible couverture sanitaire dans l’arrondissement de Guéné.

Les formations sanitaires sont pour la plupart situées sur la route inter Etat Bénin-Niger. Les voies d’accès à ces formations sanitaires sont peu praticables et les frais d’accès aux soins sont élevés selon les populations ; ce qui réduit les fréquentations de ces formations sanitaires par les populations. Il faut également noter que l’insuffisance du personnel, d’équipements adéquats et de médicaments essentiels ne permettent pas d’offrir à ces populations des services de qualité.

Problématique vécue :


En dehors de l’état de dégradation des pistes qui limitent la fréquentation des formations sanitaires par les populations, il faut ajouter l’insuffisance du personnel, d’équipements adéquats et de l’absence de médicaments essentiels pour les soins.

Équipements marchands


La route inter Etat Bénin-Niger constitue un atout considérable pour la promotion de l’économie locale. En effet, les commerçant(e)s en provenance du Ghana, Lomé, Lamakara, Alédjo, Djougou, Parakou et un peu partout dans le pays pour le marché central de Malanville, ravitaillent l’arrondissement en vives, en fruits et en produits manufacturés.

Par ailleurs, les potentialités propres de l’arrondissement reposent sur le marché central de Guéné, le marché à bétail de Guéné, la retenue d’eau, les carrières de gravions et sable, sans oublier les terres cultivables et les bas-fonds. Il faut noter que le marché de divers, à bétail et les carrières ne profitent pas directement à l’arrondissement. La gestion de ces équipements marchands et des carrières relèvent de la Mairie.

L’arrondissement cultive le plus le coton, l’arachide et le maïs. Les s’organisent en petits groupes et pratiquent le jardinage et les activités de transformation des produits agricoles.

Problématique vécue :


L’arrondissement dispose des équipements marchands et carrière dont la gestion lui échappe.

Perceptions différenciées

Les groupes ont analysé les contraintes en fonction de leurs intérêts stratégiques. Le développement de l’arrondissement selon les différents travaux se perçoit de la manière suivante :

Perception des femmes

Selon le groupe des femmes, la réalisation des actions ci-dessous permettent d’améliorer leur condition de vie. Il s’agit de :

o l’amélioration de la qualité des soins de santé ;

o l’amélioration de la scolarisation des filles ;

o l’amélioration de la couverture en eau potable de qualité ;

o l’accès facile aux crédits ;

o l’accès facile et à moindre coût aux matériels de transformation ;

o la promotion des Activités Génératrices de Revenus (AGR) des femmes.

o Perception des jeunes

o Les jeunes pour eux, le développement de l’arrondissement de Guéné dépend de la réalisation spatiale des actions suivantes :

o la construction des infrastructures de loisir et leurs équipements (maison de jeune et terrain de sport) ;

o l’accès facile aux motopompes, tracteurs et aux intrants de qualité ;

o la construction des magasins de stockage pour conserver les produits vivriers ;

o l’accès facile aux équipements de musique

o la construction des latrines publiques ;

o la construction des hangars modernes dans les villages.

o Perception des vieux

Les résultats issus des travaux de groupe des vieux révèlent :

o l’aménagement des pistes de déserte rurales ;

o l’électrification du chef-lieu de l’arrondissement ;

o l’aménagement des sites touristiques.

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