Développement économique


L’arrondissement dispose des potentialités qui dorment et sur lesquelles il pourra compter pour améliorer le visage de son économie. Des efforts substantiels doivent être consentis par les acteurs économiques et les élus locaux de l’arrondissement. La promotion de l’économie locale doit prendre en compte :

o l’aménagement et l’entretien des voies d’accès dans les localités ;

o la mise à disposition des producteurs des intrants agricoles en quantité et qualité à moindre coût ;

o Construire des boucheries et abattoirs

o Construire des magasins de stockage des produits agricoles

o Doter le marché central d’extincteurs

o l’aménagement des bas-fonds pour les producteurs et productrices ;

o valoriser les carrières de sables et de latérite existant sur le territoire de l’arrondissement ;

o Doter l’arrondissement d’une radio communautaire

o l’octroi aux producteurs des crédits agricoles

Jeunesse

La jeunesse constitue le fer de lance, gage de la promotion de l’économie locale. Elle suscite l’espoir de l’arrondissement de Malanville à travers sa contribution et son implication effective aux actions de développement de proximité. Aujourd’hui, cette jeunesse ne dispose pas d’expertises qu’il faut pour entreprendre des activités porteuses en vue de sortir l’arrondissement des tares. Pour ce faire, il faut :

o positionner les jeunes à certains postes de responsabilité ;

o faciliter l’accès à des terres fertiles ;

o faciliter l’accès aux motopompes, tracteurs et aux intrants de qualité ;

o construire des magasins de stockage pour conserver les produits vivriers ;

o construire des infrastructures de loisir et les équiper (maison de jeune et terrain de sport) ;

o construire des latrines publiques.

Promotion des solidarités et soulagement de la pauvreté

La promotion de la solidarité est vue ici sous l’angle d’assister les communautés en situation difficile suite à un évènement malheureux (inondation, épidémies de méningites, choléra ou autres maladies d’ampleurs locales voire régionales, ravage par exemple des toitures des habitations et des infrastructures et équipements de services publics suite à une grande tornade, séisme, incendie, etc), de soutenir moralement ou financièrement, de porter secours ou aides aux indigents. Toutes ces formes d’assistances aux sinistrés permettent d’améliorer leurs conditions de pauvreté et de les mettre en confiance. Pour améliorer les conditions de vie et d’existence des communautés, il faut :

o installer un comité local de prévention des calamités ;

o installer au niveau des villages et hameaux des brigades de protection civile ;

o en cas de calamité, identifier les sinistrés et les organiser en groupe pour bénéficier des assistances ;

o sensibiliser les malades VIH à se faire connaître pour une prise en charge continue

o porter des assistances matérielles et financières aux handicapés et faciliter leur insertion sociale.

Promotion d’un développement équitable femmes/hommes

Le développement de l’arrondissement de Malanville incombe à tous les fils et filles du milieu. Il importe donc de tenir compte des priorités des femmes, jeunes et personnes âgées. Ainsi l’accès aux services publics (santé, eau potable et éducation) de base doit être équitable. Mais est-ce que les ménages de l’arrondissement observent cette égalité ? Dans le volet politique, les femmes sont reléguées au dernier rang ou carrément sont exclues lors de l’établissement des listes électorales. Dans le domaine agricole, une petite portion de terre non fertile est souvent réservée à la femme. Dans le souci d’améliorer la situation et de permettre à toutes les couches sociales, de jouir pleinement de leurs droits, certaines actions peuvent être enclenchées. Il s’agit de :

o sensibiliser les parents pour un accès équitable à l’éducation entre les filles et les garçons ;

o promouvoir la candidature des femmes aux postes de responsabilité ;

o bien positionner les femmes dans les listes électorales ;

o plaider pour un accès équitable aux terres agricoles entre hommes et femmes.

Gestion de l’environnement

La promotion de l’environnement n’est pas le souci de tous les acteurs de développement de l’arrondissement de Malanville. Les bonnes pratiques (sarclages des alentours des ménages, balayage des rues et des lieux publics, bonne gestion des eaux usées) autrefois exercées par les parents sont de nos jours bafouées par la jeunesse. A l’échelle de l’arrondissement, il n’existe aucun plan d’action en matière de promotion de l’hygiène et de l’assainissement de base. Les couloirs de passage sont tracés, mais les conflits entre agriculteurs et éleveurs demeurent toujours. Pour améliorer les conditions de vie des communautés, les autorités à tous les niveaux et les acteurs au développement doivent conjuguer leurs efforts pour :

o la construction des caniveaux ;

o la construction de latrines publiques ;

o la mise à disposition des dépotoirs d’ordures ;

o l’effectivité des journées mensuelles de salubrité ;

o Sensibiliser les populations sur l’allumage des feux précoces, la réalisation à temps des pare-feu et créer des comités de lutte contre les feux de végétation

o le règlement à l’amiable des conflits entre agriculteurs et éleveurs.

L'Arrondissement de Malanville


L’arrondissement de Malanville est situé à l’extrême Nord de la commune et fait frontière à la République du Niger par la ville de Gaya. Il est limité :

o Au Nord par la République du Niger ;

o Au sud par l’arrondissement de Guéné ;

o A l’Ouest par l’arrondissement de Toumboutou ;

o A l’est par l’arrondissement de Garou.

L’arrondissement de Malanville compte cinq (05) quartiers de ville et deux (02) villages à savoir Bodjécali et Kochi et dispose de neuf (09) élus communaux pour son développement.

Selon le Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) 2002, l’arrondissement de Malanville compte 36.056habitants et est majoritairement composé de Dendi et Djerma. Les habitants sont essentiellement des agriculteurs et des commerçants. Il existe une organisation très structurée des producteurs du riz dénommé UGPPM appuyé par le CeCPA et les ONG. L’arrondissement dispose d’énormes potentialités agricoles et environnementales comme : des bas-fonds, des terres cultivables et des collines. Les femmes s’adonnent aussi aux activités de production du riz.

Relief


Le relief de la commune de Malanville se compose d’un ensemble de plaines et de vallées enchâssées entre le fleuve Niger et quelques plateaux et collines de grès ferrugineux. Ces collines se rencontrent dans les arrondissements de Madécali, Malanville (Bodjécali) et à Guéné avec une hauteur moyenne de 80 m.

Climat et hydrographie:


Le climat de la commune de Malanville est de type soudano-sahélien marqué par une saison sèche de novembre en Avril. La moyenne de pluie enregistrée les cinq dernières années est de 750 mm Le vent dominant est le harmattan soufflant de Novembre en janvier dans tous les sens avec des écarts de température variant entre 16 et 25° . La Commune de Malanville est traversée dans sa longueur (Est-Ouest) par le fleuve Niger avec ses affluents l’Alibori, la Mékrou et la Sota qui sont en crue durant les mois d’Août et de Septembre. L’étiage intervient à partir du mois d’Octobre. Le fleuve Niger regorge des bas-fonds exploitables dont 300 ha sont aménagés. La Commune connaît des inondations cycliques du fait des pluies diluviennes.

Elle se trouve dans la vallée Niger qui va de Guéné jusqu’au lit mineur du fleuve. La commune de Malanville se trouve ainsi dans un espace géographique doté d’atouts pour l’édification d’une régionalisation économique cohérente et viable.

Sols, végétation et faune :

Les sols de la commune de Malanville sont de type gneissique pour la plupart sur le territoire, mais dans la vallée du Niger et ses affluents, on y rencontre des sols sablo- argilo, ferrugineux. Quelques sols squelettiques gravillonneux et minéraux bruts sur cuirasse se retrouvent en poche sur le territoire de la commune.

Elle est étranglée çà et là par des promontoires rocheux. Elle porte des sols alluviaux sablo-limoneux, boueux, en saison pluvieuse parfois concrétionnés sur les hautes terrasses et couvert d’une savane herbeuse à épineux dominée par le baobab et le rônier. La végétation de la Commune de Malanville est caractérisée par la savane arborée avec prédominance des formations herbacées. Sur le territoire de la commune se trouve la forêt de Goungoun, la forêt de Boïffo(Guéné) qui est une aire protégée et la zone cynégétique de la Djona (ZCD) vers le village de Torozougou. 20 Ces formations végétales abritent une faune très variée dont les espèces remarquables sont les éléphants (Loxodonta Africana), les buffles (Syricerus caffer), les panthères (panthera paradus), les gibiers, les hippotragus, les phacochères etc….

Infrastructures sanitaires


La Commune de Malanville dispose d’un (01) hôpital de zone, de huit (05) centres de santé d’Arrondissement et de cinq (05) unités villageoises de santé ou unités de santé de quartier. L’Arrondissement de Malanville dispose d’un hôpital de zone et de deux (02) structures privées autorisées. Les CSA périphériques ont tous des infrastructures vétustes et sont dépourvues de clôture ; ce qui rend difficile leur maintien dans un bon état de salubrité. Le système d’électrification et celui d’approvisionnement en eau potable font défaut dans la plupart des CSA. Le système d’électrification ne garantit pas entièrement la sécurité à l’hôpital de zone. On note également deux officines pharmaceutiques dans l’Arrondissement de Malanville.

Le nombre de lit d’hospitalisation qui est 49 est reparti entre la pédiatrie, la médecine, la chirurgie et le centre de santé d’Arrondissement. En ce qui concerne le personnel de santé, la Commune de Malanville dispose :

o trois (03) médecins,

o vingt-quatre (24) infirmiers,

o cinq (05) Sage-femme

o Trois (03) techniciens de laboratoire.

Les Centres de santé enregistrent un fort taux de maladies infantiles pendant la saison pluvieuse. La maladie la plus fréquente en cette période est le paludisme qui engendre beaucoup de cas d’enfants anémiés. Or, il se pose le problème de don de sang dans la Commune de Malanville où seul l’arrondissement de Malanville connaît un taux élevé de donneurs de sang. Les cas de décès lors des accouchements sont fréquents à cause des grossesses précoces et rapprochées. Les maladies fréquentes dans la commune sont : le paludisme, les infections respiratoires, les diarrhées, la malnutrition.

Il existe des comités de gestion COGEC et COGES qui s’occupent de la réception et de la distribution des médicaments dans les formations sanitaires. Au total, la Commune de Malanville est bien pourvue en infrastructures sanitaires vétustes. L’hôpital de zone souffre de l’absence d’un service de radiologie. Les contraintes du secteur de la santé se résument comme suit :

o Vétusté des infrastructures sanitaires

o Infrastructures non conformes aux normes nationales

o Déficit en personnel qualifié

o Absence de plateforme radiologique

o Paludisme, SIDA

o Faible taux de fréquentation des centres de santé

o Vente illicite de produits pharmaceutiques de qualité douteuse, etc..

Infrastructures Educatives

La Commune de Malanville, à l’instar des autres municipalités du Bénin présente un taux de couverture en Infrastructure peu satisfaisante compte tenu de la demande des populations. Voici comment se présente la situation de la Commune en matière :

o Ecoles primaires publiques : 44

o Ecoles Maternelles publiques : 02

o Ecoles Maternelles Privées : 00

o Ecoles Primaires Privées : 04

Tous les villages de la Commune disposent chacun d’au moins une école. A la rentrée scolaire 2003-2004, la Commune comptera 169 groupes pédagogiques au primaire public, 08 à la maternelle publique et 24 au primaire privé, soit au total 201 groupes pédagogiques dans la circonscription scolaire. Il faut signaler que ce nombre est très faible par rapport au nombre d’écoles (50). Voici la synthèse des besoins énumérés dans les arrondissements/villages.

1. La Population et les Ethnies


La population de la commune de Malanville est passée de 67.387 hbts à 98.476 hbts de 1992 à 2000 soit un taux d’accroissement de 4,86%. La population de la Commune est estimée en 2004 à 110 153 habitants en 2004 selon INSAE. La densité moyenne de la commune est de 33 habitants par km2 contre 18 habitants par km2 pour le département de l’Alibori. La plupart des ménages sont dirigés par des hommes avec un taux élevé de polygamie surtout en milieu Islamique.

Cette population est très inégalement répartie. Ainsi, l’arrondissement de Malanville 39.081 habitants est le plus peuplé et viennent ensuite les arrondissements de Guéné 27 321 habitants, de Garou 17 597 habitants, Madécali 15 288 habitants et Toumboutou (10 867). La population urbaine est seulement concentrée dans l’arrondissement de Malanville soit un taux de 36,25%. Les femmes représentent 50,76% de la population contre 49,23% pour les hommes. Selon les projections de l’INSAE, partant de l’hypothèse d’un taux d’accroissement moyen annuel de 4,86% , la population attendue pour 2007 pourrait atteindre 129.565 habitants. Les principales ethnies de la commune sont : Dendi, Peulh, Mokollé, Djerma, Haoussa, Nagot,Yoruba, Bariba, Mina, Adja, Goun, Fon et kotocoli.



2. Les Mouvements migratoires


De par sa situation frontalière, la population de la commune Malanville est en perpétuel déplacement surtout vers le Nigéria à l’Est de la commune pour étudier l’arabe ou en quêtes du mieux-être. La commune abrite une forte communauté de population d’immigrés venus de toutes origines. L’attraction de ces populations pour la commune est due aux intérêts que présentent son grand marché international et aussi les possibilités d’emplois agricoles pour les immigrés dans les champs et les jardins. On observe également un fort taux d’émigration des hommes dont l’âge varie entre 18 et 35 ans surtout en saison sèche en direction de l’intérieur du pays et des pays limitrophes pour y mener des activités agricoles, pastorales, commerciales et religieuses. Aussi, un fort mouvement 3 des hommes s’effectue à l’intérieur du Bénin et des pays de la sous-région pour des raisons commerciales, agricoles, d’exploitation forestière, de vagabondage, de mendicité, de vente saisonnière d’eau (Garoua)

Religions


La religion dominante dans la commune de Malanville est la religion musulmane. Elle est pratiquée par 80%; viennent ensuite le Catholicisme, le Protestantisme, l’Assemblée de Dieu, la Renaissance d’Homme en Christ, les Célestes, les Témoins de Jéhovah, les Eckistes et des adeptes des religions traditionnelles qui constituent les 20% restant.

Organisations traditionnelles


A l’instar des sociétés traditionnelles d’Afrique, la commune a connu par le passé une organisation sociale animée par les organisations de jeunes, de femmes, d’artisans, etc. L’organisation des femmes est présidée par ‘’Iyagoué ‘’ , celle des jeunes filles par ‘’Saaka’’ ou ‘’Zaagui’’, celle des jeunes par ‘’Sarki’’ à ne pas confondre avec Sarki dans son acception Haoussa. Il est convient de noter que toutes ces organisations traditionnelles concourent à la solidarité appelée en dendi/djerma ‘’Boogu’’ ou Faaba. Cette solidarité se manifeste à travers la construction d’une maison à un sinistré par exemple ou le sarclage du champ d’un malade, ou même la cotisation d’argent au profit d’un marié, etc.

Organisations modernes

L’organisation sociale traditionnelle existe, mais son influence est fortement réduite avec l’avènement des administrations successives (coloniale, révolutionnaire et décentralisation).La commune dispose d’une association de développement appelée MOOBO qui a mené plusieurs activités dans le cadre du développement de la localité. A côté de cette association, plusieurs autres associations et organisations mènent aussi des activités au niveau de la commune. Il s’agit surtout de la Coordination des Associations de Parents d’élèves, de l’Union Communale des Producteurs de Malanville (UCP) qui est un regroupement des groupements villageois (GV) et des groupements de femmes(GF). Des ONG locales et internationales interviennent aussi dans la commune de Malanville. On peut citer entre autre, SIAN’SON, DEDRAS, GERED, SABU – IZE, APPED, VIE - ENVIRONNEMENT, AFVP, SNV, etc… Il existe aussi des organisations de base au niveau de la commune de Malanville :

o UGPPM (Union générale des producteurs du périmètre de Malanville)

o KABEI KAKUNGU (Gestion du marché Central)

o UCTIB

o Association de services financiers

o CORVO (Comité de Réception et de vente d’oignon)

La commune de Malanville dispose d’un dynamisme organisationnel très important, qui représente à priori pour elle un atout pour impulser le développement de la localité. Toutefois, les pesanteurs sociologiques limitent l’intervention des femmes aux activités communautaires. En effet, les sorties des femmes des ménages pour des activités autres que familiales et les brassages des femmes avec les hommes sont perçus comme un libertinage pouvant conduire à la dépravation des mœurs.

Les activités communautaires relèvent essentiellement des hommes qui y participent en investissement humain (main d’œuvre, ramassage de matériaux de construction etc..). Les femmes (surtout les jeunes filles) interviennent généralement pour puiser de l’eau. Mais avec l’approche genre et développement (GED) préconisé par la plupart des programmes et projets de développement, on remarque de plus en plus la présence des femmes aux tâches communautaires et dans les instances de direction et de décision. Ainsi, jusqu’en fin juillet 2003, 61 groupements féminins (GF) regroupant 1384 femmes ont été constitués et enregistrés dans la commune de Malanville.

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